VIDEOS TEXTES DONNEES CONTACT
LIVRES D'ARTISTE

 

Ma part du saccage n'a rien d'un livre serein. Au contraire, le livre s'avance masqué avec toute la gaucherie d'un invraisemblable monstre. Autant sa forme-laboratoire, que la fécondité malsaine de son objet en appellent à une lecture tératologique. Le monstrueux en effet, contient au fond de lui une vie indépendante prompte à s'échapper, quitte à ce que ce surgissement anarchique désorganise la cohérence de l'ensemble. Ici et là, des foyers autonomes se développent. Aussitôt, ils prolifèrent en cercles concentriques indépendants les uns des autres. Au final, nombre de cercles se chevauchent les uns les autres, produisant à l'occasion de sombres ellipses, de lumineux raccourcis, ailleurs, malheureusement, d'ardentes redites. Tout se passe alors comme si le corpus ainsi obtenu, cet emboîtage de livres qui redouble l’encerclement des cercles, était affligé du côté des membres qui entrent en contact avec la réalité, d'une foule d’extrémités concurrentes. En effet, l'excès, comme tout ce qui est surnuméraire ne sait qu'en rajouter ; comme le cancer qu’il est, jusqu’à l’épuisement de la bête qui le nourrit. Du moindre petit espace vacant la contamination gagne une pensée encerclée soumise à l'exponentielle de l'enclos qui s'étend. Le difforme, comme il ne sait pas retrancher, nie avant tout les contours possibles, puisque tout se superpose, tout lui profite ; toute occasion lui est bonne pour amplifier l’écho de ses parties, de sorte que l’abondance façonne les outils adéquats grâce auxquels s’étendra la pertinence de l’ensemble. Si le monstre fuit le reconnu c'est sans intention ; le travail sur l'imaginaire ne sera qu'un effet théorique qu'induisent des pieds entravés par des perspectives qui s'emmêlent. Ce qu'un raisonnement rectiligne dissimule, le monstre l'exprimera entre les limites de son errance malade.

Ma part du saccage n’est pas un essai

......................Ma part du saccage n’est pas un essai, qu’il fût littéraire ou philosophique ; il n’en a ni la forme ni la structure. Pas plus qu’un roman, même si la narration y est toujours à l’œuvre. C’est un écrit qui construit un viaduc suspendu aux confins d’un vide chaotique, qui compose le plan perceptif sur lequel le travail artistique reste possible. Sans doute est-ce là un pari qu'il faut tenter avec force intelligence pratique, avec force mêtis, face au danger toujours présent de l'entreprise. C’est en ce sens qu’il ne participe pas de la profusion des écrits esthétiques, remugles éventés de la discipline dite « philosophie esthétique ». Il s'agit plus proprement d'un un cycle de 10 livres d'artiste qui ont recours aussi bien aux différents registres de l'écriture, qu'aux images de toutes natures. Comme le travail est toujours en cours, tous les livres ne sont pas encore reproduits...

Nord Sudeste

lire la suite :

 

NOMBREUX SONT LES LIVRES, MAIS RARES SONT CEUX QUI CONSTRUISENT LES CHEMINS SUR LESQUELS ILS AVANCENT

................. Bien que je réalise des livres, rien de cette activité ne me désigne directement comme écrivain. Peu importe d’ailleurs la nature exacte de la besogne puisque celle-ci emprunte au livre autant sa forme que sa matière. Certes il est vrai que l’écriture en procède, mais l’objet du livre ne s’y limite pas. Plus qu’à ce modèle linéaire qui accuse la fatigue des siècles, volontiers prostituant ses pages aux saillies de quelque texte jeté là, c’est à un corps vivant, capable de complexité, que les livres présentés ici prétendent rendre une opacité perdue.

.................C’est qu’en faisant malgré tout des livres, je recueille sur les pages cette substance qui s’échappe par la plaie que le langage a infligé aux hommes. Seul le déploiement multiple du langage poursuit l’inutile danse au dessus d’une blessure plus profonde encore, celle qu’ouvre dans notre flanc l’assaut des reliefs acérés du monde. Seul le langage est capable de mouvoir encore l’ensemble dont il est constitué pour faire sien l’écoulement qui l’excède. La diversité que manifeste le langage, sa multiplicité de systèmes de signes, cherche alors une incarnation plurielle sur le miroir de la page. Parce que la turbulence venue du monde, par capillarité contamine la chaîne de cohérence des moyens mis en œuvre, les représentations fluctuent, produisant en profondeur de multiples courants. Selon l’espace à peupler, aucune forme fut-elle vacillante qui ne soit prise en charge par l’organisation de l’expression. Tantôt ces fils langagiers se croisent en surjet au dessus des lèvres béantes, tantôt, les coutures suturent en rapprochant les parois, tandis qu’ailleurs un brusque raidissement rouvre la blessure et aussitôt menace la gangrène. L’écriture, parmi ces fils incertains participe de cette stratégie qui guérit autant qu’elle intoxique...

Hubert Saint-Eve

12 livres dont 4 ont été publiés aux Editions Voix Richard Meier - 1998 - avec le soutien de tem/exposition et de la DRAC Lorraine . Ces livres ne sont pas encore intégralement reproduits

«Tétanos mea» est autant la crispation des langages que celle d’«A&M»; gigantesque nœud bicéphale qui parcourt le labyrinthe que forme le livre. Deux têtes parlent, partageant un unique corps d’où ne s’échappent que quelques nécessaires motricités.
La première tête: «A». Innocence qui entame l’alphabet, elle monologue l’acceptation à en perdre la vie. Elle ne peut saisir que ce qui la couvre de cette cruauté qui précède le langage.
La seconde: «M». Matière sur laquelle pivote l’alphabet, elle interpelle ce réel auquel les sens font la courte-échelle et qui lorsqu’ils s’en séparent durant cette brève ascension, devient du langage. Solipsiste sans cesse elle trempe sa langue, car elle se sait née de ce jus de cerveau lavé par les images, de ce faible courant qui rince le réel que ni l’une ni l’autre ne veulent voir.
Toutefois, ni l’une, ni l’autre des deux têtes ne veulent réellement voir ce qui sous ce précipité aqueux se refuse au tétanos qui les a contaminé. Par leurs propres contractions « A et M » détournant les formes qui apparaissent et dérivent.
Si «A» pour être, masque de sirop ses yeux, «M»  en revanche prétend dévoiler le réel en y rajoutant de l'épaisseur langagière. Son territoire est celui du paradoxe. M se situe où ce rideau qu’il a tissé sépare et emballe ce que l’on ne peut savoir du monde.

     «Tétanos mea» composé de douze livres forme un projet d’ensemble autour du labyrinthe. Chaque volume débute par une suite d’images dont la première est un relief métallique et la seconde, un schéma d’action de mains sur la matière ; indiquant une éventuelle méthode de mise à mort. Ensuite un dessin met en place l’orientation du thème. Enfin la figure d’un nœud introduit une courte fiction qui s’y trouve enchâssée ; ce texte bref est une sorte de motif, remous indépassable qui remonte d’une nuit peuplée d’ombres trompeuses. «A» est systématiquement mise à mort au cours des différentes variations du sacrifice.
La suite de chaque livre reprend sous différentes modalités le thème établi. Il en va de ce dernier comme de la figure, il n’existe que par rapport à un fond qui le conteste ; Ici, l’informe nécessité de la matière venue de l’organisation du livre. Comme un motif qui aurait rejoint le fond, les thèmes varient à l’épreuve des 4 éléments. En effet, chaque livre, quoique formant une unité plastique traitée dans une mise en page particulière, existe lié à un élément et par ses relations aux autres, tant du point de vue formel que de celui des thèmes entrecroisés.

(sur TETANOS MEA : description et analyse de chacun des 12 livres)

livre 1 : AQUA MEA

livre 2 : :NODUS MEA

livre 3 : SABARIOS MEA

livre 4 : GENETRIX MEA

Du livre I au livre IV publiés aux Editions Voix, Richard Meier ....Du livre V au livre XII à exemplaire unique

"Le premier livre de Schnellimbiss" (Gigantomachie) : 1987, métal, enduit, collages et autres techniques mixtes sur catalogue de moquettes, 62 pages, 43 X 56 X 27 cm, exposé sur table métallique.

 

 

"Les prétendants, même" : 1998, aquarelle, collage, impression sur papier et carton, 38 pages en Leporello, 23 X 18 cm.

 

 

"Sudarium" : 2004, aquarelle, collage, encres, pastel et impression sur papier et carton, 42 pages en Leporello sous emboîtage, 23 X 32,5 cm

 

 

"Human Bomb" (J'irai prendre en otage les enfants des bourgeois) : 1998 - 2008, aquarelle, collage, encres, pastel et impression sur papier et carton, 48 pages en Leporello sous emboîtage, 23 X 32,5 cm. Par ailleurs une version d'"Human Bomb" de 110 pages au format : 14,8 X 21 cm a été publiée aux éditions Lieux-dits (Strasbourg) dans la collection contre-vers en 1999

 

 

"Mein Ba(by)bel Turm" (monument au dernier européen) : 2004, aquarelle, collage, encres, pastel sur papier et carton, 32 pages sous emboîtage, 23,5 X 23,5 cm

 

 

"ECHO" (ou l'explosion de la navette spaciale) : 2010, empreintes, cendres, Letraset, pigment à l'oeuf sur carton, 32 pages en Leporello sous emboîtage, 29 X 16,5 cm

(Les livres présentés ici au format PDF sont à visionner en page double dans Acrobat Reader)

Les livres de cette partie du site sont reproduits à la définition de l'écran ; ce qui implique qu'en cas d'impression, les images ne seront pas de très bonne qualité. Pour le cas où un lecteur en désirerait un tirage de qualité, il suffit de se mettre en relation par le contact en page d'accueil. On peut ainsi commander chaque livre appartenant à l'ensemble : "MA PART DU SACCAGE" au format 22 X 18 cm. Imprimé sur papier Résa recyclé 115 gr. Relié artisanalement. Chaque exemplaire comporte un ex libris et un dessin original.Tous les livres appartenant à cet ensemble peuvent être commandés dans un emboîtage carton (comme sur l'image ci-dessous). Il faut toutefois compter sur un délai d'un mois

On trouvera ci-dessous en version PDF l'ensemble des poèmes. Dans la mesure où la mise en page est conçue sur deux pages qui se font face, la lecture se fera idéalement dans "Acrobat Reader" en cochant dans affichage : deux pages et afficher la page de couverture. Les vidéos par ailleurs sont visibles dans la rubrique "poèmes~vidéos".

 

AUX RÊVEURS IMBÉCILES D’UN MONDE SANS CADAVRES

LA COUCHE D’OZONE

BONNE ANNÉE, BONNE SANTÉ…

LE POÈTE MAÏAKOWSKY

DE L’APPARITION DU CADRE ET DE SON EXTINCTION

LE PERMIS DE CONDUIRE

LA TOMBÉE DU JOUR À L’HOPITAL PUBLIC

LA CASA DE ENGORDE

LA NAVETTE SPATIALE

SUPPORTER

LA MAIN DE GLOIRE

APOTHÉOSE DES CHIENS ET DES CHATS

LA FOLIE PAROXYSTIQUE DES MORIBONDS avec Raymond Bozier

même chose

 

Ce livre d'artiste en collaboration avec Raymond Bozier contient non seulement des textes, des images et différentes types d'interventions mises en page, (dessins, aquarelles, gravures, peintures, sculptures, livres uniques, installations) mais également des vidéos. 220 pages au format 30,5 X 21,7 cm, le livre sera accompagné d'un DVD.

 

Faits divers
& tombeaux

(Rien ne sera jamais vraiment perdu tant que nous serons toujours là à produire de l'inutile)

.

 

La Folie Paroxystique rassemble un ensemble de poèmes et d’images élaborés à partir de faits divers majoritairement tirés de la presse. Chaque poème trouve ainsi un développement dans le sens d’un choix plastique particulier. Nombreuses sont les manières d’aborder le poème certes, mais qu’il s’agisse de la technique, du médium ou de l’utilisation de la page dans le tressage des images avec les mots, chaque poème constitue une unité organique propre. Il arrive cependant que certains d’entre eux génèrent une proposition alternative ; on la trouvera en version réduite sous le titre : «variation» en fin du premier développement. D’autres poèmes encore se prolongent en une version vidéo qu’on retrouvera en fin de volume sous forme de DVD.
EREITAM TAM avec Raymond Bozier

Il s'agit d'une nouvelle version mise en page et en images de l'éloge de la matière par Raymond Bozier. Faite le 9 mai 2013, 34 pages, format 21 X 21 cm.

Un extrait : parle matière parle ma partière matière erèitam tam de la matière tam tam erèitam débordement de matière par le son corps tonalité de la matière les corps donnent la tonalité de la matière stances sub stances danse tamtammatière fous fuyant du jeu nous sommes pris en elle je me vois en elle élément tam tam de la matière né de la matière ( ... /...)

UN CHOIX DE LIVRES A EXEMPLAIRE UNIQUE
TETANOS MEA
MA PART DU SACCAGE
DU DESTIN DES FUYANTES
CADECTA

Bien que publié dans une version différente, ce livre toujours en cours de travail se développe maintenant sur un format 35,5 X 21,5 cm. Pour l'instant il n'y a que 26 pages mises en ligne.

DE HUMANIS CORPORIS FABRICA
"Cadecta" veut dire chute. Voici : chaque jour, on précipite un volontaire du haut d'une tour. Le poème accompagne cette chute. Celle-ci sur deux colonnes traverse des couches sédimentaires qui contiennent aussi bien des scènes du Jugement Dernier que des visions qui convoquent différents niveaux de réalité. Ce sacrifice par lequel la civilisation se fonde quotidiennement est commenté en léger différé par le Chœur fantôme des anciens précipités...

"ANATOMIAE - DE HUMANIS CORPORIS FABRICA"

Livre à exemplaire unique appartenant à : "La Folie Paxoxystique des Moribonds", acrylique, enduit, crayon de couleur, papier de soie sur brochure publicitaire Lancôme, 24 pages, 18 X 18 cm.

"Du destin des fuyantes" - 2010, tempéra à l'œuf, aquarelle, crayon de couleur, jet d'encre. 24 pages 24 X 32 cm.

DU DESTIN DES FUYANTES

MA PART DU SACCAGE

HOCUS PORCUS

[,LEI'TAU]

TOMBEAU DE LA PEINTURE

DENKMAL

CAMPOSANTO

EXERCICES DE GREVE

TRAITE DE LA CLÖTURE

MATIERE D'OMBRE

IMACHINATIONS ARNOLFINITIVES

GEH NICHT GELASSEN IN DIESE GUTE NACHT

Livre d'artiste publié à l'occasion de l'exposition au Projektraum Ventilator à Berlin en janvier 2016.

Texte et images en 2 livrets cousus dans les rabats, 23 X 17 cm. Couverture : gravure pointe sèche, roulette, ponçage imprimée sur papier Hahnemühle 230 gr, 23 X 65 cm. Les livres : impression laser à la cire sur papier offset 140 gr, l'ensemble 44 pages, chacun 21,5 X 16,5 cm. Tirage : 12 exemplaires.

L’idée de ce livre s’est développée à partir de la série de dessins au fusain et pastel de grands formats : CYCLOPE. Commencé en 2015 ce travail est toujours en cours. Ainsi le livre à la manière d’un retable se divise en plusieurs volets et prédelles. Sa manipulation permet de nombreuses juxtapositions. Le texte du premier livre s'inscrit dans un carré divisé en deux parties jumelles. D'une part en italique rouge, une prose poétique met la sauvagerie du Cyclope à l'épreuve de l'éruption volcanique. D'autre part en caractère bâton noir s’engage une réflexion sur la relation des Grecs Anciens au volcan. Après avoir remarqué une forte analogie entre l’œil du cyclope et le cratère d’un volcan, il s'avère que le rapport du Grec au phénomène catastrophique à travers le mythe peut trouver un écho dans une démarche artistique contemporaine. Ici toutefois en mettant en avant le mythe avec cette approximation à la fois fluide et acérée, il s'agit sur un mode un peu oblique de saisir quelques uns des enjeux de notre relation au monde. Malgré la quantité d’informations de toutes natures dont nous disposons, en réalité nous le comprenons mal. Le point de vue « cyclope » déjà à l’œuvre dans nos images n’est pas moins pertinent lorsqu’il explore les points aveugles de notre compréhension des choses… Au fur et à mesure que ce double texte avance, on voit une scène se préciser. Celle-ci sera à l'origine de toute la série des dessins :

[ Il y a peu en Provence, la pleine nuit, mon ami Raymond s’affaire autour d’un grand barbecue circulaire, une lampe-torche ceint son front, sa grimace enjouée déplie les ténèbres...  Son œil rond échange le regard avec celui du cratère, avec son tisonnier son souffle le porte au rouge, au dessus des crevasses noires où percent des étoiles : le cyclope m’apparaît. Depuis ils sont légion.]

Le second livre quant à lui contient l'ensemble provisoire des reproductions du cycle du Cyclope. Les dessins suivent un ordre qui donne sens aux différentes juxtapositions. Comme une frise, l'ouverture des deux livrets constitue une prédelle. Textes et d'images qui la composent correspondent à une sorte de récit. Sous forme narrative ou allégorique apparaissent des évènements historiques ou personnels tel que l'auteur entend les mettre en place selon le point de vue oblique du cyclope qu'il est à présent.

 

 

 

 

LA PREDELLE